Mai 2014

Zoopsychiatrie:

Enfin ça y est, les approches sur le comportement se dévoilent réellement et c'est un bien pour tous. 

Depuis plusieurs années de nombreuses querelles et difficultés s'expriment entre les vétérinaires dit "comportementalistes" et les comportementalistes non vétérinaire. 

Sur un fond, qui ne nous le cachons pas, est purement commercial et mercantile, chacun voulant s'accaparer la clientèle des maîtres en difficultés, des luttes sur le droit à exercer de chacun n'ont fait que créer le trouble, pas sur le chien mais sur les maîtres. 

Enfin depuis quelques mois (fin 2012), les vétérinaires, soucieux de véritablement se démarquer des autres professionnels non docteur en médecine, ont entre eux, décidé de concevoir une Diplôme Universitaire de Psychiatrie animale...je ne m'engagerai pas sur le fond de cette facilité accordée à une corporation de décider d'une nouvelle spécialité médicale. De tout façon ce n'est pas mon problème et même au contraire, cela m'arrange. 

En effet, je suis ravi de cette nouvelle spécialité et si tous les vétérinaires deviennent zoopsychiatres, alors ce sera pour moi une très bonne nouvelle.

Enfin les maîtres sauront clairement à qui ils s'adresseront. Vous n'êtes pas sans savoir que la psychiatrie humaine n'aborde pas les questions comportementales comme le font les psychologues ou les thérapeutes. Et bien nous sommes sur le même plan et si le vétérinaires sont les zoopsychiatres alors tant mieux, cela laisse la place aux autres d'affirmer qu'ils veulent être et sont des zoopsychologues ou thérapeutes animaliers. Les uns sont docteurs en médecine et spécialisé en psychiatrie, ils peuvent à ce titre prescrire des médicaments , les autres peuvent se spécialiser dans d'autres approches non médicamenteuse. 

Ceci pourrait donc conduire dans un futur peut-être proche de distinguer enfin clairement les trois acteurs professionnels majeurs du comportement canin:

- les zoopsychiatres qui considère que "le comportement: une discipline médicale" (cf site zoopsy.fr). C'est donc soigner l'animal!

- les comportementalistes qui abordent le comportement à travers la relation et l'influence de l'homme sur l'animal. C'est donc intervenir sur la relation, l'environnement!

- les éducateurs canins qui offrent des services permettant le dressage et la réponse à des consignes. C'est donc apprendre au chien à obéir!


Comme le disait ma grand mère "chacun à sa place et les vaches seront bien gardées". 


Vous pouvez maintenant choisir ce qui correspond à vos attentes. 




Code de vulnérabilité animale.

Des droits pour l’animal ou des devoirs pour l’humain ?

 

 


A l’instar des 24 personnalités signataires du manifeste sur l’initiative de la Fondation 30 MILLIONS D’AMIS, c’est en tant que citoyen et professionnel que je m’inscris dans ce mouvement de réflexion sur la condition des animaux non-humains et d’une éthique de la relation.

Mais au fond, qui pourrait être contre le respect et la défense de la cause animale, c’est en effet une pensée facile, déculpabilisante, respectueuse, louable, portée par les meilleurs sentiments du monde, mais pour autant je considère que cela ne suffit pas pour s’engager.

Je tiens donc ici à nous engager dans une réflexion au-delà de la seule émotion.


De quoi parlons-nous vraiment ?

Le code civil, selon les définitions existantes, est l'ensemble des règles qui déterminent le statut des personnes (livre Ier), celui des biens (livre II) et celui des relations entre les personnes privées (livres III et IV).

Il faut donc noter que le code civil concerne les personnes et les biens et les relations entre les personnes. De même le code civil à évolué au cours des temps en cherchant à traiter de l’égalité des personnes :

- Égalité de la femme au mari (régimes matrimoniaux, 1965 et 1985)

- Égalité de la mère au père (autorité parentale, 1970)

- Égalité du père à la mère (autorité parentale, 1987)

- Égalité de l’enfant naturel à l’enfant légitime (tutelle, 1964 ; filiation, 1972)

- Égalité de l’adolescent à l’adulte (abaissement de l’âge de la majorité, 1974)

Le code civil n’est donc pas à mon sens le support qui devrait être modifier afin de définir et d’affirmer les droits des animaux domestiques et des devoirs de l’humain.

Je refuse l’idée qu’humain et animaux non humain puisse tendre vers une égalité, cela n’a aucun sens et n’apporterait rien. Le code civil déterminant le statut des personnes, et il me paraît non à propos de chercher à traiter et à qualifier l’animal domestique de personne, seul façon d’inscrire ses droits dans le code civil.

 

« Sont meubles par leur nature les animaux et les corps qui peuvent se transporter d'un lieu à un autre, soit qu'ils se meuvent par eux-mêmes, soit qu'ils ne puissent changer de place que par l'effet d'une force étrangère ».

La polémique qui met en avant le fait que dans le code civil l’animal est considéré comme un bien, un meuble, n’est pour moi pas fondée. Certes on peut comprendre que pris ainsi, les termes juridiques puissent émouvoir, mais la question éthique n’est pas là. Cela ne qualifie pas l’animal de meuble. D’ailleurs pourquoi personne ne s’émeut alors que dans la même phrase on associe les « corps » à des meubles. L’être humain serait-il alors considéré par le code civil comme un meuble ?  Tout ceci ne me paraît pas très sérieux. Je pense que cela permet de faire réagir et de poser une nième fois la question de l’animal dans notre société, mais franchement, je crois que ce combat et cette lutte qui doit s’exprimer pour la protection animale, ne doit pas reposer sur la question du code civil.

 

En France, il existe un code spécifique dont bizarrement personne ne parle dans ce débat et qui pourtant a apporté ces dernières années des avancées notoires en la matière. Le code rural, c’est son nom, est le document légal français qui traite de la question de l’animal domestique et d’élevage.

Extrait : Tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce.

Il est interdit d'exercer des mauvais traitements envers les animaux domestiques ainsi qu'envers les animaux sauvages apprivoisés ou tenus en captivité.

Des décrets en Conseil d'État déterminent les mesures propres à assurer la protection de ces animaux contre les mauvais traitements ou les utilisations abusives et à leur éviter des souffrances lors des manipulations inhérentes aux diverses techniques d'élevage, de parcage, de transport et d'abattage des animaux.

Il en est de même pour ce qui concerne les expériences biologiques médicales et scientifiques qui doivent être limitées aux cas de stricte nécessité.

 

Lien avec le reste des dispositions du code rural : http://www.legifrance.gouv.fr/affichCode.do;jsessionid=6DFDC3C619A5B8179EC89077F2E0D226.tpdjo04v_3?idSectionTA=LEGISCTA000006152208&cidTexte=LEGITEXT000006071367&dateTexte=20080117

 

Nous voyons bien ici que le législateur ne peut avoir fait si grand écart tel qu’il se serait parjuré en définissant d’un coté dans le code rural que l’animal est un être sensible et de l’autre, dans le code civil, qu’il est une table de cuisine. Il existe et il a toujours existé une cohérence dans le droit, et on peut s’en réjouir, et si les termes du code rural était un contre sens au regard du code civil, ce texte n’existerait pas.

Je peux comprendre que les mots soient heurtant, pris en dehors du strict caractère de droit qu’ils expriment dans le code civil, mais il faut être sérieux et responsable et je pense qu’il serait plus constructif et nécessaire de se questionner sur l’évolution du code rural en terme d’obligations et de devoirs de l’humain plutôt que de poser la question d’inscrire l’animal dans un code qui traite des droits des personnes.

Encore une fois, je milite et défend l’idée que l’animal doit être approché avec humanité, même si ceci est du domaine du paradoxe, mais nous devons le faire. Mais il n’y a pas de classement de valeur entre les codes du droit français, et le code rural est à mon sens le support légal de ce que nous pouvons faire pour rendre vraiment service à la cause animale.


Nous devons donc défendre et malheureusement nous battre pour qu’avant toute autre chose, les règles déjà édictées par le code rural soient appliquées, et croyez-moi, on est loin du compte. Ceci peut et doit être un vrai combat ! Cela serait déjà une avancée fantastique, n’en doutons pas. Mais pour cela il faut aller au-delà des belles intentions et imposer la mise en place de vrais moyens de contrôles indépendants. C’est plus difficile et moins porteur que de rester au niveau philosophique.

Dans les extraits du code rural ci-dessus, nous voyons bien qu’il existe de quoi protéger les animaux domestiques et si cela était suivi, respecté et vraiment condamné en cas de non respect, je crois que de nombreuses questions ne se poseraient pas aujourd’hui.

Néanmoins, je suis tout à fait d’accord sur une évolution encore plus précise du droit rural. On pourrait ainsi inscrire dans ce code rural une définition encore plus affirmative de la notion de « sensibilité animale ». De même, et ceci correspond bien à un domaine qui m’est très cher, je pense que la question du psychisme animal, des souffrances émotionnelles,  ne sont pas assez développés et pris en compte. On pourrait y inscrire et développé la vulnérabilité de l’animal.

Personne ne se préoccupe vraiment de l’état psychique des porcs (animal sensible et intelligent, bien autant que le chien) qui ont 80 cm2 d’espace pour vivre dans un espace totalement fermé. Personne ne s’inquiète vraiment de la vie des poulets qui ont légalement un espace vital de la taille d’une feuille A4 et à qui l’Europe vient d’étendre généreusement ce minimum d’espace vital de la valeur d’une carte postale.

Les exemples sont malheureusement trop nombreux et aussi insupportables que honteux, mais ce n’est pas parce que l’on se pose le problème du terme « meuble » dans le code civil, que l’on sert au mieux toutes ces créatures qui souffrent au quotidien pour nous nourrir.

Aujourd’hui j’affirme que certaines règles prévues dans le code rural ne sont pas respectées ni sanctionnées et sur ce sujet, je n’entends pas grand monde se mobiliser.

Je pourrais aussi parler de ce que je connais bien et qui concerne certaines conditions d’élevage des chiens. Certes on contrôle les conditions d’hygiène, et encore, mais personne ne s’inquiète vraiment des carences de stimulations sensorielles (vitales pour le chiot), voir des traumatismes liés à des conditions d’élevage qui ont comme seul objectif de vendre et ceci même en France. Que dire des élevages qui pour préserver les mamelles des femelles de concours, retirent les chiots de leur mère. Que dire du fait que l’on vend des chiots, élevés au fin fond de la campagne et qui n’ont eu aucun contact avec les stimulations urbaines (bruits, odeurs etc…) pendant la période essentielle à ces apprentissages sensoriels.

Ne nous offusquons pas alors de voir les refuges aussi remplis de chiens, avec comme seul motif affiché, une soi disant incompétence et insouciance des maîtres. 

Encore une fois, sur l’idée, je suis tout à fait en accord avec le mouvement engagé d’une meilleure reconnaissance légale de l’animal non humain domestique donc vulnérable, mais je crois que toutes les forces devraient être centrées sur le fond et non sur une question de forme pour le moins infondée.


Peut-être que le code rural n’est pas le support idéal, alors on peut imaginer créer un autre support, spécifique à la cause animale. Il y a bien le code de la route, pourquoi pas le Code de vulnérabilité animale ? Peut-être même, comme certains le demandent qu’il serait utile de créer une structure spécifique à la question. Une autorité, un comité, un conseil ou autre, dans la mesure ou cette autorité serait suffisamment autonome pour ne pas être soumise aux lobbyings divers et variés.

Peut importe le support, il faut imposer et mobiliser pour proposer une réécriture des devoirs de l’humain domestiquant envers l’animal. Pour ce faire, pour moi,  il faut repartir de ce qui existe déjà dans le code rural et ne pas noyer ce mouvement derrière une question qui est forcément polémique, certes très vendeuse et accrocheuse, mais dont les effets nuiront au final à la cause animale.

Vouloir faire écrire que l’animal n’est pas un meuble, n’est pas un objectif en soi et ne conduira aucunement à définir et à faire respecter nos devoirs d’humain domestiquant.

Pour conclure, j’affirme qu’il y a en France des meubles qui sont bien mieux traités que certains animaux, alors est-ce vraiment la question ?


En 1789 on a fait la révolution avec comme objectif principal de faire tomber les têtes afin d’être libres et égaux. Certes, les têtes sont tombées ! Peut-être sommes – nous libres, à voir, mais une chose est visible et réelle, il y a plus de 7 millions de Français vulnérables qui ne font que survivent en 2013.

 

Éric BONNEFOI

 

 

Plus de réflexions sur la question : 

 

Tout d’abord, je refuse l’idée d’un statut égalitaire.

 

Nous ne sommes pas des animaux comme les autres et il n’y aurait aucun sens à vouloir gommer nos différences. Le simple fait d’être capable de vouloir décider d’un statut pour les autres nous inscrit dans cette différence. Je considérerai même cela comme un déni de l’animal de vouloir le rendre égal à l’homme. Ou alors il faudrait réfléchir aussi à une égalité ramenant l’homme vers l’animal, un on sens !

Dans le monde animal, l’égalité n’existe pas, le lion n’est pas égal au singe, pas plus qu’à l’antilope. L’égalité tend à faire disparaître une différence qui est le fondement du monde naturel ou chacun à sa place et où certains seront toujours les proies des autres. La seule égalité entre toutes les espèces concerne donc le droit universel de pouvoir assouvir et répondre à ses propres besoins de vie. Refuser que certains se nourrissent des autres est un déni de l’essence même de la vie.

Alors s’agirait-il d’un statut qui chercherait à définir une égalité de traitement entre l’homme et l’animal ? Encore une fois cela n’a aucun sens, je crois qu’au contraire, les réponses et le bien être de l’animal sont de mettre en avant les différences afin de les respecter.

D’ailleurs nous n’acceptons pas l’égalité de traitement quand elle s’applique par les animaux. Si un chien mord un humain dans le cadre d’une égalité canine de traitement des espèces, cela ne convient pas à l’humain. A cet instant on considère que le chien ne peut nous considérer comme un chien, que nous ne sommes pas égaux en terme de traitement. Pourquoi le chien attendrait-il qu’on le traite comme un humain sous ce même principe de l’égalité de traitement ? Je refuse donc totalement cette idée d’une quelconque recherche d’égalité de traitement, quelle qu’elle soit. Elle est encore une forme déguisée et perverse de notre surpuissance humaine qui nui même à la cause qu’elle cherche à défendre.

Mais le sujet reste complexe, car puisque je défends la théorie évolutionniste qui nous inscrit à part entière en tant qu’animaux, en quelque sorte j’accepte l’idée d’une certaine forme d’égalité animale liée à nos origines. Comment faire alors pour différencier l’animal homme des autres sans succomber à la recherche d’égalité ?

Et bien peut-être que la question du statut n’est pas celle sur laquelle il faut raisonner. Au fond, il est très difficile ou à l’inverse trop simple de chercher à définir nos deux espèces sur la base des différences éthologiques. Si l’on regarde les choses sur le plan des comportements, des capacités cognitives et même de l’accès aux émotions et à la sensibilité, il sera très difficile de trouver un consensus, car chacun pourrait apporter la preuve de telle ou telle capacité de telle ou telle espèce. Le poux est-il sensible ? Personne n’en sait rien.

Et puis en fait, est-ce les critères d’égalité ou d’inégalité qui permettraient de définir des droits ou des devoirs entre les espèces ?

Non, surement pas, et pire encore cela conduit indubitablement à opposer des mondes (évolutionnistes et religions) qui ne s’accorderont jamais. Je ne crois donc pas que la solution du statut spécifique repose sur la différence éthologique entre l’animal et l’homme animal.

 

Alors quelle pourrait être la piste pour une réflexion apaisée, accessible au plus grand nombre et surtout réaliste ?

Quitte à choquer, je dirais que l’on pourrait réfléchir en se rapprochant de la protection des enfants et ceci sans faire d’amalgame, juste en terme de raisonnement.

L’enfant est un humain mais si l’enfant est bien le petit de l’homme, il n’en est pour autant pas un en terme de capacité. C’est bien ce qui a conduit à devoir décrire un statut spécifique de l’enfant de l’homme. Mais pourquoi avons nous eu besoin d’édicter un statut alors même qu’il s’agit de la même espèce ? Parce que la question de son bien être ne s’imposait pas de lui-même, malgré sa droite et directe descendance de l’homme.

Pour décrire le statut de l’enfant, nous avons donc pris en compte quelque chose d’essentiel: sa vulnérabilité. Pourquoi l’enfant doit-il être protégé de l’homme adulte qui peut mettre en danger son intégrité physique ou morale? Parce que l’enfant ne dispose pas de tous les moyens, notamment cognitifs, d’accès au raisonnement et de capacités de défense. Malgré l’égalité d’espèce, il a fallu légiférer pour protéger. L’égalité ou l’inégalité n’est donc pas la question, la seule qui est un sens concerne la dépendance d’un être à l’autre et sa vulnérabilité liée à cette dépendance.

Il va de soi que les « animaux » ne sont pas des enfants d’humains, pourtant à bien y regarder, la domestication inscrit bien l’humain et l’animal dans ce type de schéma. L’un a tous les pouvoirs, il en fait le meilleur comme le pire sur celui qui du fait de sa dépendance y est totalement soumis.

La domestication inscrit l’animal dans une dépendance et une soumission totale des choix de celui qui le domestique, comme l’enfant dépend totalement de l’adulte.

Si l’on se place sur ce plan, il ne s’agit plus de chercher à savoir si l’animal non humain a des droits en fonction de telle ou telle ressemblance avec l’humain, mais plutôt de définir si l’humain a des devoirs envers celui qui de part sa position est vulnérable. N’oublions pas qu’un statut créé de fait des droits mais aussi des devoirs. Comment aborderions-nous la question des devoirs de l’animal envers l’homme ?

L’intérêt de choisir le chemin des Devoirs de l’humain envers celui dont il est responsable et non pas du droit de l’animal, est de rendre ce statut universel du point de vue des espèces. Je sais que certains dirons que l’humain n’a pas de devoir vis à vis de la mouche ou du moustique et je pourrais même être d’accord sur ce point car ceci deviendrait du zoo centrisme nous interdisant par exemple de nous protéger, puisqu’on ne pourrait plus tuer le moustique qui nous pique.

Je crois donc qu’il faut faire une distinction essentielle entre animaux domestiqués et monde sauvage et que ce qui nous intéresse plus particulièrement ici est bien la question de l’animal domestique au sens large, aussi bien animal de compagnie, de rente, d’élevage, de spectacle …


Ainsi dégagés de la question d’une différence de valeur entre espèce, nous pouvons acter que nous sommes responsables et définir ainsi des devoirs envers l’animal non humain domestiqué. Le porc, le lapin, la poule, l’escargot d’élevage, le chien, le chat, le mouton etc, seraient tous protégés par un seul et même code des devoirs humains, qui les inscrivant les animaux au rang d’ « animaux domestiqués vulnérables », non égaux à l’homme, doivent être protéger des déviances éventuelles de celui qui en est responsable.

Il y a une importance de sémantique entre droits et devoirs, car édicter des droits aux animaux domestiques repose sur l’idée qu’ils pourraient en disposer et les faire valoir. Ceci est un non sens, car  cela revient à considérer que puisqu’ils n’en sont de fait pas capables, ce sont les hommes qui vont le faire en leur nom. Certes dans les faits c’est le cas, et ce n’est pas pour rien qu’existent les fondations et sociétés protectrices des animaux, mais à mon sens c’est une façon de déresponsabilisé chaque individu humain de ses devoirs.

 

Il s’agit donc de décrire les devoirs du domestiquant comme l’on a édicté les devoirs de l’adulte par rapport à l’enfant du fait de sa vulnérabilité.

 

Se posent alors des questions du droit et de la législation. S’agirait-il d’une modification du code civil ou devons nous rester au niveau de ce qu’est la loi en France, à savoir que tout ce qui concerne les espèces d’animaux domestiques est régit par le Code rural ?  

 

 

Éric BONNEFOI


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Courir avec son chien ?

Cette réflexion sous forme de conseils et non de jugement me paraît importante.

Tous les jours je croise et rencontre des chiens Jogger et vu la « tête » qu’ils font quand je les croise, j’ai cherché à réfléchir un peu sur ce que peut être l’intérêt pour le chien de courir comme Forest Gump attaché à son maître.

Il faut tout d’abord revenir à ce qu’est le chien :
- un chien est un prédateur
- un chien est un chasseur
- un chien a un sens olfactif très développé
- un chien recherche son gibier ou sa proie
- en tant qu’espèce animal il ne fait rien gratuitement

Bien sur, il s’agit des comportements d’une espèce vivant en milieu naturel, ce qui n’a plus de sens réel pour le chien, je vous l’accorde.

Nous le savons, le cadre de la domestication par l’acculturation de l’animal ne conduit plus le chien à devoir trouver sa nourriture. De même, la fabrication des races a fait disparaître l’aspect prédateur du chien et même transformé et utilisé ces comportements instinctifs de prédation en outils au profit de l’homme.

Mais le chien conserve des besoins d’expression de ses comportements de chasseur et ceci quelque soit sa race.

Quels sont les sens et comportements mis en œuvre pour la prédation ?
- tous les sens, visuel, olfactif, auditif
- des comportements de postures spécifiques et de course

Qu’est-il offert au chien domestique ou urbain qui pourrait répondre à ces besoins phylogéniques ?
Sur le parquet ou la moquette, pas beaucoup d’occasions d’exprimer des comportements de pistage, de recherche, et d’analyse d’odeurs de proies.
Dans les jardins, il existe un peu plus d’odeurs et d’occasions d’exprimer quelques comportements de chien mais l’environnement ne changeant que très peu, cela perd vite son intérêt.
Bon pas la peine d’insister sur le fait que le chien de compagnie n’a pas un cadre environnemental de chien de chasse. C’est comme ça !

Mais ne pouvons-nous pas palier ce déficit de possibilités d’expression de comportements par des activités « sensées » ?
Si, nous le pouvons, et même nous le devons, mais encore faut-il ne pas confondre nos désirs et la réalité du chien!

J’en reviens au sujet initial, la course des chiens de Jogger !

J’entends ici et là des réponses à mes réflexions: "il vaut mieux que le chien coure plutôt que de rester à la maison, seul, à ne rien faire !"

Forcément, entre le pire et le moins bien, je n’ai pas d’arguments de taille.
Pourtant il me paraît important d’énoncer ici que les chiens qui courent, au bout d’une longe (c’est la loi), pendant de très longues minutes, voir des heures, sont des chiens qui n’expriment rien et ne profitent aucunement de l’activité proposée (imposée) par les maîtres.
Si le maître trouvent des motifs et des intérêts à courir pendant des heures, je pose la question, tout en ayant la réponse, de ce que peut y trouver le chien !

La sortie quotidienne d’un chien en espace naturel, en liberté (certes hors la loi), pendant au moins une heure, doit être un moment de partage, d’échange et d’expressions comportementales éthologiques.
Le chien comme de nombreuses espèces ne coure pas pour rien. C’est un allure de déplacement, utile pour la fuite, la chasse, ou le jeu, mais je n’ai jamais un chien courir pour courir !
J’attends qu’on vienne me démontrer que le chien qui coure attaché à son maître, sans aucune possibilité de sentir, de fureter, de ralentir, d’accélérer, de lire des dépôts d’odeurs, de humer l’air à la recherche d’informations, exerce une activité qui correspond à ce qu’il est.
Certains me répondront qu’à partir du moment ou l’activité est partagée avec le maître, le chien est heureux ! Certes, et il est vrai que faute de mieux le chien arrive à se satisfaire de cette activité puisqu’il n’a pas le choix ! Mais sur ce schéma on peu aussi dire que de partager tout un après midi devant la télé avec le chien à ses pieds est suffisant puisqu’il y a partage de l’activité ! En fait tout dépend de ce que l’on met derrière le mot « partage » ……….

Je fais la différence entre les chiens « fabriqués » par l’humain pour courir et qui depuis de très longues lignés se sont inscrits dans des comportements de courses qui leurs sont devenus nécessaires (ex : attelage de Husky). Mais tous les chiens qui courent le dimanche ou le soir, liés à leurs maîtres, ne sont pas des Husky et combien de Labradors, Bergers divers, et autres chiens se trainent à coté de leur maître qui n’a de cesse de faire durer le temps et augmenter la distance.

Il existe des activités ludiques qui permettent aux chiens de courir et de stimuler leurs instincts archaïques. L’Agility permet par exemple au chien d’avoir l’exercice physique nécessaire tout en mettant en œuvre des comportements de chien. Mais tout le monde ne fait pas cette activité, et il existe des conditions plus simples qui ne nécessitent aucun cadre particulier autre que l’utilisation de l’environnement naturel.

Remettre le chien en situation de chasse, que ce soit pour un York, un Labrador, un Berger Allemand, ou autres, ne nécessite que très peu d’outil et est à la portée de chacun. Il suffit pour cela de redonner à son animal le loisir de chercher et de trouver quelque chose, un morceau de bois, un chiffon, tout objet que l’on propose au chien comme objet d’intérêt telle que pourrait l’être une proie.

Peu importe la manière dont on pratique, l’objectif est de stimuler (il le fait naturellement) le chien à rechercher quelque chose. On peut utiliser un objet connu, on peu marquer de notre odeur un simple morceau de bois et le dissimuler. Ensuite on va partager l’activité de recherche avec le chien soit en le guidant par des gestes ou des mots, soit le laisser faire seul et encourager son résultat de découverte. Peu importe la manière dont on pratique l’activité, l’essentiel est la mise en œuvre des comportements suivants :
- attention visuelle et auditive
- exploration et stratégie de quadrillage de l’environnement
- olfaction, pistage
- course
- satisfaction de la découverte

Tous ces comportements offrent au chien la possibilité de se dépenser « intelligemment » d’un point de vue canin. C’est entre parenthèse ce que font les chiens de recherches, douane, police, pompier, sécurité civile. Et d’ailleurs vous constaterez que pour ces chiens de travail, on utilise toute les races, du Caniches au Pitbull car ces compétences de chasse du chien sont celles de tous les chiens.

Info sur les comportements d’olfaction :
Chez le chien, si l’olfaction est un sens très développé il faut savoir qu’il est très complexe physiologiquement et cognitivement. Cette complexité de la mise en œuvre d’un système neuronal et physiologique sophistiqué est très consommatrice en énergie et contribue à faire baisser les tentions et le stress du chien domestique.

Au delà de l’intérêt d’une dépense réelle d’énergie, c’est aussi une activité qui permet un vrai partage avec le chien.
Il faut savoir qu’un chien qui coure pendant une heure sans s’arrêter, ou comme un fou après une baballe lancer à vive allure, augmente son rythme cardiaque rapidement mais ne se dépense pas autant qu’un chien qui aurait une activité de simulation de chasse sur une période d’une demie heure. L’olfaction est une dépense beaucoup plus importante que la course effrénée.

L’autre intérêt de l’activité de simulation de chasse ou recherche est le respect du rythme d’activité du chien en fonction de son excitation et de sa motivation, ce qui définit en fait son intérêt pour l’activité. Dans ce cadre, le chien coure si nécessaire, marche, s’arrête, repart, et en tous cas fait les choses qui lui sont nécessaires .

Si j’ai choisi de vous parler de cela c’est qu’encore une fois, il y est question de respect de ce qu’est le chien. Que la société ait besoin de se prouver des facultés physiques est respectable et libre à chacun de satisfaire à ses besoins personnels. Par contre s'agissant du chien, qui je le rappelle n'est pas un meuble ni un objet à notre disposition, il me semble important de respecter ce qu'il est en tant qu'individu d'une autre espèce et qu'à ce titre on lui propose ce qui correspond le mieux à ses besoins d'expression comportementale.

Enfin, je conclurai en rappelant que les activités de "mordant" ne sont pas pour moi des activités d'expression comportementale qui ont un sens. Je sais que je m'expose à de nombreuses critiques mais je maintien que le mordant fabrique et stimule un comportement que le chien passe sa vie à éviter.

Eh oui, si le chien dispose d'une batterie de comportements de communication permettant de ne pas aller jusqu'à l'agression cela a un sens: Eviter le combat pour ne pas mettre en péril l'espèce. Augmenter, stimuler, détourner, les comportements d'agression en prétendant qu'un chien mord et a besoin de mordre est une erreur éthologique. Mais chacun fait ce qu'il veut, moi je ne veux que rapporter ici qu'il ne faut pas confondre ce que l'on exprime soit même à travers le mordant et ce que serait les besoins du chien.

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JANVIER/FEVRIER 2011

URGENCE ET DANGER sur l'activité d'aide aux maîtres.

Une ordonnance promulguée par le président de la république en janvier 2011, redéfinit les actes de la médecine et de la chirurgie animale ainsi que les personnes en droit de les exercer.

Cette ordonnance cherche très clairement à donner les moyens coercitifs aux vétérinaires de détenir toutes les prérogatives d'activités dans le domaine animalier.

Sur la base d'une erreur fondamentale et scandaleuse, unique au monde, de la défintion des comportements du chien à travers la notion de pathologie comportementale, ce texte tant à inscrire comme illégale et passible de 30 000 euros d'amende et de 2 ans de prison toute activité, d'expertise, de consultation au sujet du comportement animal.

Dès lors, il est probable que les "comportementalistes" ne puissent plus exercer leur activité d'aide aux maîtres sans risquer d'être condamné d'exercice illégal de la médecine.

Cette action d'état est encore un exemple frappant de la seule mise en avant de la préservation d'enjeux financiers de certaines niches corporatrices, au dépend la réelle prise en compte des besoins et des compétences qui peuvent être mise en oeuvre en dehors de toute activité médicale.

Vous trouverez ci-joint le lien avec l'ordonnance citée ainsi qu'un lien avec une association de défense et de lutte contre cette décision.

En vous positionnant par rapport à ce problème, ce ne sont pas les "comportementalistes " que vous défendez mais bien votre libre accès à des approches différentes de la seule hégémonique médecine. 

Soutenir les comportementalistes et toutes les thérapies alternatives:

   http://www.nonaumonopoleveterinaire.com/

Lire l'ordonnance:

 http://www.nonaumonopoleveterinaire.com/ordonnance-2011-78.php

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DECEMBRE 2010

!!!! Allez-y, faites des heureux!!!!!!! http://plaisir.spa.asso.fr/

Faire une bonne action peut être un acte générateur de bonheur comme de problèmes. L'adoption d'un chien "d'occasion" est un acte merveilleux mais qui doit être aborder avec beaucoup de sérieux et de réflexions.

Choisir, ramener, puis accueillir un chien qui vient de passer parfois des semaines en cage mais dont en plus vous ne connaissez jamais la réalité de l'histoire, doit vous conduire à être particulièrement compétent en matière de mode relationnel et d'analyse des comportements de l'animal. Si l'acquisition d'un chien "neuf" devrait être accompagnée d'un soutien sous forme de conseils précis, l'arrivée du chien adopter doit impérativement faire l'objet d'une consultation auprès d'un professionnel de la relation et du comportement.

Le nombre de chiens qui font des aller et retour entre les refuges et de nouvelles familles est très élevé, de même, le nombre d'abandons de chiens ayant déjà été adoptés est conséquent. Alors ne transformez pas le bonheur que vous pourriez partager avec votre chien en calvaire. Donnez lui toutes les chances de cette nouvelle chance qu'il a de pouvoir vivre avec vous et ceci pour le plus longtemps possible. 

Pourquoi est-ce nécessaire de consulter? Parce que si le chien est arrivé en refuge il est fort probable  que ce soit le fait de ses comportements qualifiés de gênants par les maîtres précédents. Le chien étant inscrit dans un schéma cherchera à reproduire celui qui fut le sien et les comportements qui en découlaient. Souvent par méconnaissance, les maîtres adoptants, sans le vouloir continue à nourrir les motifs comportementaux du chien. Celui-ci va donc se voir attribuer l'étiquette de chien à problèmes et souvent retourner d'où il vient.

En second lieu, très rare sont les chiens dont on connait réellement l'histoire et de toute façon même si elle peut être raconter ou décrite par les maîtres précèdent, jamais le contexte réel n'est rapporté. Ceci est normal car très très rare sont les maîtres qui ont une vision objective de leur situation relationnelle. Le chien n'ayant donc que peu d'histoire traçable et fiable  il est nécessaire qu'un spécialiste puisse l'observer afin de comprendre qui est ce chien.

Enfin, quasiment tous les chiens adoptés arrivent chez leur nouveau maître avec l'étiquette de la "Pove bête" . Cecia des conséquences parfois dramatiques car les maîtres ne sont plus dans une relation "normale" avec leur chien mais dans une relation de "sauvetage". La lecture des comportements du chien n'est plus du domaine éthologique mais du domaine affectif et émotionnel. De simples signaux peuvent être traduit comme la résultante d'une détresse portée par un passé dramatique et font perdre toute lucidité aux maîtres pétrifiés d'inquiétude.  Il en résulte des comportements des maîtres complétements inadaptés et qui encore une fois vont peut-être nourrir les difficultés du chien.

Pour toute ces raisons, qui sont vérifiées et malheureusement l'objet de nombreuses consultations de la dernière chance, si vous décidez de donner une chance à un animal en le libérant d'un refuge, donner lui réellement toutes les chances. Prenez rendez-vous avec un professionnel du comportement! Faites ainsi l'économie de grosses désillusion pour vous et votre chien.

En l'adoptant vous lui faites croire au père noël, alors remplissez votre hôte de cadeaux qui lui feront réellement du bien. Avec son beau panier, dites lui que vous avez pris un rendez vous. Il ne comprendra pas mais vous vous serez des adoptants responsables et aimants.


NOVEMBRE 2010

Dans un mois c'est Noël, c'est super, la fête, les cadeaux, les plaisirs....certains envisagent peut-être d'offrir à cette occasion un animal de compagnie, chien, chat, autres.

Oh, j'imagine déjà les grands mots cherchant à qualifier par le jugement ce genre de comportement!!

Si j'ai choisi de faire cet article c'est justement parce que je considère que personne n'a à juger s'il est "bien" ou "mal", d'acheter le petit chien dans la vitrine. Qui serai-je si je succombais à la pensée moralisatrice? Surement pas à ma place ! Je peux tout entendre et tout lire sur ce thème, je peux même avoir mon intime idée sur la question mais celà ne regarde personne et surtout je n'ai pas à le véhiculer comme modèle de pensée.

Toute fois je veux insister sur une chose essentielle: La différence entre CADEAU et JOUET:

- Offrir un cadeau est un acte d'amour, d'empathie, d'affection qui répond à un besoin d'expression relationnelle entre deux individus;

- Offrir un jouet est un acte qui participe au même schéma mais qui qualifie le cadeau à travers la seule notion de loisir et de jeu.

En aucun cas un chien ne peut être offert comme un jouet ! 

Un chien peut être un véritable cadeau pour la vie et cela ne peut avoir de sens qu'avec une réelle prise en compte de la différence avec le jouet.

Donc, si vous achetez un animal pour noël, il est important et essentiel que vous ayez en tête qu'il s'agit d'un animal et qu'à ce titre vous lui devez des choses. Qu'il s'agisse d'un chiot "tout neuf" ou d'un chien "d'occasion", il est crucial que vous sachiez ce qui permettra une relation agréable pour vous mais aussi pour lui. Que se soit à l'occasion de Noël ou à d'autres occasions, personne ne peut se satisfaire d'un futur abandon.  

Alors sans culpabilité de cet acte d'acheter un chiot comme un cadeau, d'autres le font pour un anniversaire,  mais au contraire agissant en conscience responsable, mettez une consultation de conseils avec un comportementaliste dans le paquet cadeau. Vous n'offririez pas un appareil photo sans le mode d'emploi, alors offrez vous et offrez lui aussi son premier cadeau et votre première véritable marque d'amour responsable. Attention, un mode d'emploi du chien n'existe pas. Il est nécessaire que le futur maître soit guidé à travers ce qu'il est, ce qu'est le chien et leur environnement. Aucun livre ne peut décrire sous forme de mode d'emploi la spécificité de cette futur relation avec vovtre animal.

Avec le chiot, dans son paquet cadeau, glisser une carte ou une adresse avec un rendez-vous auprès d'un comportementaliste professionnel!

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Petites parenthèses personnelles sur les donneurs de leçons.

Ce que vous venez de lire n'est pas un commentaire à des fins commerciales.

Il serait plus facile et plus marketing pour moi de fustiger et de juger ces comportements d'achats, vous le savez bien!

Alors partant du principe ou chacun fait comme bon lui semble, dans les limites du respect de l'autre (cadeau et non jouet),  je n'ai pas à juger de cela, je préfère mettre en garde et donner un conseil, plutôt que de refuser de voir et d'accepter par seul préjugé.

Respecter se conjugue pour l'humain et l'animal. Il existe des êtres humains qui sont capables de faire souffrir des animaux au point qu'on puisse se poser la question de leur humanité, c'est vrai, certes! Mais je refuse cette démarche de généralisation diabolisante conduisant à ne plus voir en l'humain qu'une bête immonde qui ne mérite pas notre recherche de compréhension. Il ne s'agira jamais pour d'excuser les souffrances affligées à l'animal, mais je me refuse de faire de cas particuliers une généralité.

Je n'ai pas à dicter de pensées, mais il me semble que la cause animale mériterait une approche plus résiliente et empathique vis à vis de l'humain sans pour autant refuser tout sévices envers l'animal. Fabriquer des mondes qui s'opposent au nom d'un hyper altruisme, qui pourrait aussi poser question, n'est pas raisonnable.

Eric  

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OCTOBRE 2010

La diffusion de l'émission de télé "les animaux de la 8" sur Direct8 diffusée le 3/10/2010 me conduit réagir!

Cette émission cherchait à priori à montrer le travail du comportementaliste à travers la résolution de problèmes que rencontre la jeune propriétaire d'un bouledogue anglais.

Il ne s'agit pas pour moi de juger de la qualité de l'intervention du comportementaliste mais de dénoncer l'image donnée d'une consultation de comportementaliste. En effet, le comportementaliste filmé ne pratique aucune consultation. On lui demande de réagir et de faire une diagnostic à la seule vue d'un DVD filmé chez la propriétaire.

L'activité du comportementaliste repose sur la qualité professionnelle de la consultation. Ce n'est qu'à travers cette consultation que le professionnel peut replacer le problème dans son environnement et notamment dans la relation entre le maître et son chien. Cette émission nous montre une approche symptomatique, basée sur la seule observation des comportements du chien sans jamais les mettre en perspective avec la personnalité de la maîtresse et la forme de la relation maître-chien. Il en ressort un ensemble de conseils à mettre en oeuvre dans des situations particulières et l'apport de trucs et astuces qui ne cherchent à répondre qu'à des symptômes.

Au delà des raccourcis, je considère que cette forme de démonstration est contre productive pour notre métier car elle ne met jamais la relation entre la maîtresse et son chien au coeur de la problématique. On ne nous parle de que de dominant- dominé, de meute, de hiérarchie, sans jamais poser la question des motifs et du contexte de la forme de la relation. Bien sur que nous sommes à priori face à une problématique de déstructuration sociale du chien, mais sans jamais travailler sur les causes et les motifs de ce schéma, seuls des conseils sont dispensés. Pourquoi la relation a t-elle cette forme et comment travailler sur le mode relationnel afin de reconstruire la forme relationnelle structurante nécessaire? Cette émission ne le montre jamais et à ce titre j'affirme ici que ce genre de reportage ne montre absolument pas le véritable travail que doit effectuer un comportementaliste. Je mesure à cette occasion les motifs qui participent à l'incompréhension générale des maîtres. Ce dont nous sommes témoins dans cette émission, c'est simplement du travail d'un éducateur canin (dresseur) pas d'un comportementaliste. C'est tout ce qui contribue au mélange des genres et qui participe à ce que les maîtres ne savent pas à qui demander de l'aide lorsqu'ils rencontrent des problèmes de comportement.

Il n'est par ailleurs jamais évoqué le stress et l'anxiété visible de ce chien, pas plus que leurs conséquences. On nous dit que le chien mord les chaises parce qu'il s'ennuie et qu'il suffit de l'occuper! Comme d'habitude, à chaque comportement un remède de type "truc et astuce", ici l'objet qui va occuper le chien et lui faire oublier de dévorer les chaises.

Encore une fois sans chercher à mettre à mal le professionnel qui est intervenue, je refuse que notre métier, soit associé à cette simplification. Je passe mon temps à essayer de faire comprendre autre chose et ce genre d'émission est tout à fait contre-productive pour celles et ceux qui ont mon approche.

Peut-être qu'un jour un média s'attachera à montrer ce qu'est vraiment ce métier sans être réducteur. Les émissions comme Super Nany et le Grand frêre traitent le thème de la relation de manière beaucoup plus sérieuse. J'imagine que les psy peuvent trouver cela très simpliste, mais il y a quand même une forme d'approche sérieuse, en tus cas qui prend en compte les relations et l'environnement. Je ne crois pas avoir vu le "grand frêre", acheter des gants de boxe et un sac sur lequel cogner pour aider une famille à améliorer des comportements d'agressivité d'un ado en perte de repères!!!!!

A méditer!

Merci de votre attention.

JUILLET 2010

Texte ci dessous propriété de l'AFIRAC (L'Association Française d'Information et de Recherche sur l'Animal de Compagnie )

www.afirac.org

Chiens et chats au secours de la Sécu ?
Une étude menée conjointement en Australie, en Chine et en Allemagne a abouti à des conclusions surprenantes. Les propriétaires d'animaux de compagnie seraient en meilleure santé que les non-propriétaires et côtoieraient en conséquence beaucoup moins les salles d'attente des médecins. Un phénomène qui permettrait de faire des économies dans le domaine de la santé...
La présence de l'animal influe sur la santé de l'homme. À n'en pas douter l'étude présentée durant la Conférence Internationale sur les Relations entre l'Homme et l'Animal, à Glasgow, n'est pas passée inaperçue. Selon une enquête menée en Chine, en Allemagne et en Australie, c'est-à-dire sur trois continents différents, les propriétaires d'animaux de compagnie auraient une meilleure santé que les non-propriétaires. En conséquence, ils rendraient en moyenne de 15 à 20 % moins souvent visite à leur médecin. Des résultats similaires pour ces trois différents travaux et une conclusion unanime : l'interaction existant entre la présence d'un animal et la santé de l'homme.

Allemagne, Australie, Chine : même constat
Entre 1996 et 2001, les chercheurs allemands et australiens ont pour la première fois utilisé un panel représentatif et ont ainsi pu récolter des informations inédites et précises. En répartissant la population en trois catégories, le groupe en meilleure santé est celui des personnes possédant un animal de compagnie depuis plus de 5 ans. Vient en second le groupe des maîtres récents d'animaux. En dernière position, celui des personnes ne possédant pas d'animal ou n'en ayant pas eu depuis de nombreuses années. Même si d'autres études devront compléter ces données, le constat est fait que vivre aux côtés d'un animal de compagnie aurait des incidences positives directement sur la santé de l'homme. Autre exemple encore plus significatif. L'étude d'Erica Friedmann, menée en Australie en 1985, a révélé que les possesseurs d'animaux ayant eu une attaque dans l'année ont deux fois plus de chance de survie que les non-possesseurs !


En Chine, il n'y avait jamais eu d'étude de ce type due à la situation particulière du pays. Jusqu'en 1995, une loi interdisait tout bonnement de garder un animal chez soi. Depuis son abolition, le nombre d'animaux et notamment de chiens ne cesse d'augmenter. En raison du départ de plus en plus précoce des enfants du foyer, de la solitude grandissante et de l'éclatement du modèle familial, les propriétaires les plus fréquents d'animaux sont des parents. De 2002 à 2004, les chercheurs ont interrogé de ce fait 642 parents, 259 d'entre eux étant propriétaires de chiens. Ce sont les propriétaires qui ont une meilleure qualité de vie et moins besoin d'aller chez leur médecin, selon ce sondage.

Une économie conséquente dans le budget
Les conclusions de cette étude montrent que la possession d'un animal n'a pas seulement des incidences sur la santé de l'homme mais aussi sur les dépenses d'un pays. En effet, aller moins chez le médecin permet de faire des économies notables dans le domaine de la santé. D'après ces recherches, l'Allemagne aurait ainsi économisé 5,59 billions d'euros et l'Australie 3,86 billions de dollars. Des chiffres à méditer au niveau des décideurs politiques ! Les animaux occupent une place importante dans nos sociétés. Grâce à des études de plus en plus nombreuses qui montrent les bénéfices pour la santé de l'homme, un pays comme l'Australie défend l'introduction d'animaux dans les institutions tels que les hôpitaux, jardins d'enfants et maisons de retraite. Une situation que connaîtra peut-être la France dans les prochaines années...

Les animaux occupent une place importante dans nos sociétés. Grâce à des études de plus en plus nombreuses qui montrent les bénéfices pour la santé de l'homme, un pays comme l'Australie défend l'introduction d'animaux dans les institutions tels que les hôpitaux, jardins d'enfants et maisons de retraite. Une situation que connaîtra peut-être la France dans les prochaines années...

MAI 2010

ACCIDENT MORTEL SUR UN ENFANT :

Encore un drame de la relation homme-chien.

Un enfant de 2 ans à été mordu par son chien et a succombé à ses blessures.

Même si cela peut choquer, il est important d'utiliser ce drame pour réfléchir aux éléments qu'il nous apporte. Le chien, Malinois, n'est pas un chien classifié selon les termes de la loi en vigueur, les parents de l'enfant sont des "amateurs éclairés" du dressage canin. Il semble qu'ils soient même formateurS au fameux permis de chien! Ceci doit nous poser des questions, car nous sommes ici face à la mise en évidence que la société, les maîtres et le législateur confondent tout! La relation Homme chien est complexe et repose sur bien d'autres choses que la relation de dressage. Un chien dressé est un chien DANGEREUX comme l'est tout chien! Il peut même l'être parfois encore plus car selon le mode de dressage, le tempérament du chien, le type de relation et l'environnement, le dressage peut masquer la dangerosité de l'animal.

J'affirme que jamais le dressage ne sera la réponse à la dangerosité du chien. D'ailleurs j'affirme de la même façon que toute relation avec un chien est potentiellement dangereuse d'un point de vue de la morsure. La seule mesure du risque réelle réside dans les différentes capacités morphologiques de l'animal. Mais ne nous trompons pas, même un cocker, un épagneul, un caniche moyen, un labrador, un bobtail, un golden, et tout autre animal dont le morphisme peut nous paraître sympathique peut déclencher un passage à l'acte du type de ce qui vient de se produire.

L'humain par croyance, par refus d'être incompétent, d'être inconscient, par prétention de savoir, par prétention de domination, par le fait que son chien lui obéisse, prend de gros risques et surtout en fait courir aux autres individus. Je rencontre tous les jours des situations qui pourraient conduire à de tel drame, et pourtant souvent les chiens ont été dressés. Une de mes clientes, me montrant ces points de sutures, me démontrait en même temps l'exactitude de l'application des ordres par son chien! Incohérence humaine, pas incohérence canine. Je rappelle que l'on peut faire obéir n'importe quel chien, mais j'affirme aussi que si les fondements éthologiques de son espèce sont baffoués, alors, obéissant ou pas, il aura toujours besoin d'adpater son comportement canin à la situation.

Sans aucune source des causes réelles de l'accident, je peux sans grande difficulté élaborer un scénario ayant conduit à l'accident. Nous le savons, la psychologie de l'enfant de cet âge est spécifique et conduit ce dernier à s'approprier et vouloir tenir et attraper les objets ou même les individus. Il faut savoir que le chien a une approche canine de l'enfant du type "un enfant est comme un chiot", il ne peut prétendre à vouloir se positionner d'un point de vue statutaire élevé. C'est le code canin, c'est ce dont ce chien dispose comme code, c'est sa différence avec l'humain, encore que! L'hypothèse malheureusement banale et connue qui conduit à penser que l'enfant, par geste d'affection et d'appropriation, à pu contraindre physiquement le chien est réaliste. L'attraper par le coup et vouloir le serrer contre lui, même pour "un gros calin"...le chien à cet instant l'aura interprété comme une recherche de remise en cause statutaire inacceptable pour le canidé qu'il est. Les signaux annonciateurs du passage à l'acte sont, nous le savons, mal interpétés ou non compris par l'enfant, et le passage à l'acte devient alors l'ultime moyen de communcation du chien.

Triste réalité qui montre simplement que le chien est un chien et tant que l'on croira et fera croire que seul le chien doit s'adapter à l'homme par l'obéissance, alors on aura des accidents et ceci malgrès toutes les lois du type de celles en vigueur. J'affirme que des chiens "dressés", avec des maîtres "diplomés" du permis chiens mordront encore et toujours.

Cet accident est la preuve que la parole n'est pas laissée aux professionnels du comportement et de la relation mais uniquement au soit disant connaisseurs du chien. Ces connaisseurs de chiens, ne connaissent pas les enjeux de la relation entre l'homme et le chien, ils connaissent le chien en tant qu'individu maléable et redressable. Jamais vous n'entendrez dans la bouche d'un dresseur que c'est à l'homme à s'adapter à ce qu'est le chien. Pourtant j'affirme que c'est la réalité et cela ne propose pas que l'homme se soumette au chien, juste qu'il s'adapte pour le comprendre, ce qui serait un pas énorme vers une relation plus harmonieuse et moins dangereuse.

Cette légitimité du chien et de ses maîtres à travers la vison des comportementalistes et de la notion de RELATION, vous, maîtres, ou futurs maîtres, vous devez la défendre et la promouvoir..Vous pouvez refuser le stéréotypage, la vision étriquée, les solutions simplistes...un jour on obligera peut-être que tous les chiens soient muselés..ou on interdira d'avoir des chiens, ou je ne sais quoi d'autres.....vous avez le pouvoir, pour vous, vos enfants et vos chiens que cela change dans l'esprit de la société!

Aidez-nous à mieux vous aider!

MERCI

Eric BONNEFOI

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Affichage scandaleux dans des halls d’immeubles
Entrant dans un hall d’immeuble pour une consultation, mon regard est attiré par une image et des mots qui parlent d’eux même :

« CES CHIENS SONT DANGEREUX »



Ceci est tout simplement inadmissible et je me renseigne pour déposer une plainte pour affichage abusif.
La loi n’utilise pas cette forme affirmative : « …prévention et protection des personnes contre les chiens susceptibles d'être dangereux… » titre de l’arrêté (Arrêté du 27 avril 1999 pris pour l'application de l'article 211-1 du code rural et établissant la liste des types de chiens susceptibles d'être dangereux, faisant l'objet des mesures prévues aux articles 211-1 à 211-5 du même code).
Il ne s’agit pas pour moi ici de jouer sur les mots, d’ailleurs je ne joue pas !
Le respect de l’usage des mots qui ont été choisi et décidé par le législateur dans le cadre de cette loi est fondamental. Jamais la loi n’affirme la dangerosité.
Je considère donc cela comme une interprétation mensongère à l’encontre de race de chiens et par effet secondaire de leurs maîtres. Afficher publiquement une affirmation de dangerosité sur quelque individu que ce soit est de l’ordre de la diffamation.
Loi Gayssot
Définition générale de la diffamation et de l'injure § 3.- Délits contre les personnes Art. 29 (Ord 6 mai 1944). - Toute allégation ou imputation d'un fait qui porte atteinte à l'honneur ou à la considération de la personne ou du corps auquel le fait est imputé est une diffamation- La publication directe ou par voie de reproduction de cette allégation ou de cette imputation est punissable, même si elle est faite sous forme dubitative ou si elle vise une personne ou un corps non expressément nommés, mais dont l'identification est rendue possible par les termes des discours, cris, menaces, écrits ou imprimés, placards ou affiches incriminés. Toute expression outrageante, termes de mépris ou invective qui ne renferme l'imputation d'aucun fait est une injure.



Bien sûr, je ne me laisserai aller à traiter sur le même plan une personne (terme de la loi) et un chien mais le caractère injurieux se pose de fait sur celui qui est à l’autre bout de la laisse. Si l’on affirme un chien comme dangereux, alors comment qualifiez celui qui en est le propriétaire ? Assassin, délinquant, meurtrier, etc ! Si j’osais, je donnerais ici l’adresse de propriétaires qui seraient heureux de vous présenter leur chien « catégorisé » dont la stabilité comportementale mériterait d’être affichée.
De part ces seules allégations injurieuses, ces maîtres sont donc de fait des dangers pour la société ! Je vous laisse méditer …


Au-delà du caractère illégal d’une telle allégation, j’affirme que ce type d’affichage incite à la haine et conduit à la peur !

Résultat d’une politique du symptôme s’appuyant sur l’émotion générée par des accidents dramatiques, la loi sur les chiens susceptibles d’être dangereux est déjà suffisamment stigmatisante sans qu’on ait besoin d’y ajouter des affichages incitatifs à la haine et à la délation !

Je prendrai le risque d’afficher la photo de cette affiche sans avoir de droit à l’image ni levé de copyright pour ce document !
Il faut parfois aussi braver les éléments pour des causes que l’on considère comme juste !
Merci de votre soutien.
Éric BONNEFOI



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Septembre 2009 :



Une autre façon de catégoriser les humains !

Je n’entrerai pas ici dans le détail des inepties que contient cette loi, d’autres le font bien mieux que moi. Je resterai au niveau qui m’intéresse, à savoir les relations sociales entre le monde du chien et celui de l’humain.

Constat n°1 :

Une anxiété de forme névrotique s’installe et grandie entre les différents propriétaires de chiens et au-delà entre la société des propriétaires et celle des non-propriétaires !
La raison en est simple, la loi ne repose que sur une stigmatisation totalement morphique sans aucun fondement statistique et encore moins scientifique.
Le politique surf sur la peur pour justifier et masquer son incapacité à prendre en compte les grands phénomènes sociaux qui nous touchent.
Si des individus utilisent des chiens à des fins spécifiques cherchant à mettre en péril l’intégrité des personnes et la sécurité publique, il faut le refuser et si besoin les sanctionner. Les lois existent déjà pour ça !
Masquer le manque de courage politique ou d’intérêt porté à des phénomènes sociaux graves sur l’animal est la démonstration d’une politique du symptôme. Elle ne germe d’ailleurs dans l’esprit du politique qu’à l’occasion de faits divers dramatiques.
La catégorisation des armes existe depuis longtemps et pourtant ceci n’a jamais empêché qu’un délit ou un crime soit commit avec un « cutter » en vente libre au rayon papeterie.
Que certains individus utilisent des chiens comme des armes n’est pas et ne sera jamais une problématique canine ! Vouloir construire une table dans laquelle on classifie l’animal en fonction de son degré de « dangerosité » ne peut être accepté comme le résultat d’une politique construite, sérieuse et surtout responsable !

Aujourd’hui lorsqu’un individu rencontre un maître détenteur d’un Rottweiler, le seul sentiment qui prévaut est la peur !
C’est inacceptable, car je vois aujourd’hui en consultation des personnes que la bonne société catégoriserait comme « normaux », qui sont pétrifiés et décontenancés par le regard gorgé d’angoisse voir de haine que l’on pose sur eux et leur chien.

Merci à nos brillants spécialistes de la filière canine d’avoir fabriqué un outil dont le premier effet réel est la haine et la peur de l’autre !


Constat n°2 :

Les refuges sont submergés de « grands chiens » ! Qui est prêt aujourd’hui à adopter un chien qui ne véhicule que de l’angoisse dans la société ?

Le politique va t-il subvenir aux besoins croissants des refuges pour palier ce problème ? Non surement pas !
Le politique va t-il légiférer pour accélérer l’euthanasie de chiens qui ne sont coupables que de leur faciès ? Non surement pas, ce n’est politiquement pas porteur car la société reste globalement sensible à la cause animale.

Alors que fera le politique ? RIEN !

Ce deuxième constat montre le peu de réflexion et de vision éthologique dans l’élaboration de la loi. Elle a créé de nouvelles problématiques, sans apporter aucune solution !

Constat n° 3 :

Le permis chiens est une fausse bonne idée !

Professionnels de l’éthologie canine responsables, nous savons très bien qu’un chien peut tout à fait répondre à un ordre et « obéir » tout en restant une « bombe » en puissance.

Je constate tous les jours que des maîtres, plein de bonne volonté, détenteurs de chien dits non dangereux de type labrador ou bouvier bernois (ironie), savent faire asseoir leur chien. Pourtant, comme c’est étrange, l’objet de leur demande d’intervention concerne des comportements « agressifs ». C’est la réalité éthologique du chien et de la méconnaissance humaine qui nous rattrape, dommage que ça n’intrigue personne.

À force de convaincre les gens que l’équilibre du chien repose sur la domination par le maître et que cette dernière se mesure par la capacité à le faire asseoir, le rapport maître-chien n’est apprécié qu’à travers une vision coercitive très loin des fondements éthologiques du chien.

On préfère envoyer les gens effectuer à leur frais (bien sur puisque c’est une sanction) un stage de « dresseur ». C’est un peu comme si au lieu d’apprendre aux gens ce qu’est une voiture, comment elle se conduit et s’entretient, on leur faisait faire un stage de policier pour leur apprendre comment on dresse un procès verbal et comment on fait respecter la règle.
J’affirme que tout chien est apte dès le départ à une vie harmonieuse avec l’humain, à condition que ce dernier connaisse et peut comprenne de quoi il en retourne.

Alors oui, l’idée d’une formation, véritable sensibilisation à l’éthologie et au comportement animal, inscrite dans la prise en compte de la spécificité de chaque famille, aurait eu un véritable intérêt de sécurité publique.
Un permis de chien ne mesurant en fait que cette capacité d’une soit disant maîtrise du chien, n’est pas une bonne idée. A mon sens cela peut même avoir des effets pervers. J’entends trop souvent de maîtres me dire « je maîtrise mon chien, regardez ! ».
J’affirme que ce même chien, bien maitrisé, passera à l’acte comme n’importe quel chien, dès qu’une occasion éthologiquement nécessaire se présentera. J’affirme ici qu’un jour nous vérifierons malheureusement, forcément à travers un drame, que malgré un permis en règle, un chien défigurera ou tuera un enfant ! Et je suis prêt ici à prendre le paris que ce chien n’entrera pas dans la catégorisation « dangereuse ».

Constat n°4 :

Prime à la casse pour les chiens polluants la vie et la sécurité !
Il semble que nous soyons plus soucieux que les gens possèdent une voiture neuve en bon état, qu’ils puissent vivre en harmonie avec ceux qui nous accompagnent depuis 15 000 ans.

Étrangement, aucun moyen financier d’aide aux maîtres en difficulté n’a été prévu par la loi. Pas plus d’ailleurs pour les associations de protection de type refuges. Au contraire, les maîtres doivent débourser des sommes conséquentes pour se mettre en règle. Personne n’a imaginer qu’il pouvait y avoir une frange de la société qui ne pouvait accéder à ce type de frais.

Forcément, chacun sait que si les gens ont des chiens c’est leurs problèmes et qu’ils n’ont cas s’en séparer s’ils n’ont pas les moyens de les assumer ! Nous savons tous que le chien ne répond à aucun besoin psychologique chez l’humain ! Nous savons tous aussi que l’augmentation du nombre de chiens en France n’a rien à voir avec une situation sociale emprunte de d’un mal être croissant !

Exemple évident que nos décideurs considèrent le chien comme un simple objet de loisir dont la détention n’est pas nécessaire et surtout pas essentielle pour certains.

Cette vision politique de la nature humaine est affligeante, car elle semble considérer que l’homme doit avant tout pouvoir assouvir son besoin de vitres électriques et d’autoradio Mp3.
Mais peut-être suis-je dans l’erreur et que ce soutien à l’achat de voitures neuves se fonde sur un principe tout à fait louable de précaution et de sécurité publique.
Étrangement, la loi sur les chiens « dangereux », qui repose paraît-il sur le même principe de sécurité publique, ne conduit pas aux même moyens financiers à mettre en œuvre.
Offrons à chaque propriétaire de chien, soucieux d’avoir une démarche citoyenne de sécurité publique une prime lui permettant de tout mettre en œuvre pour répondre aux exigences de notre société et vous verrez comme il deviendra alors facile d’améliorer la situation.
Si l’achat ou l’adoption d’un chien, quelle que soit sa race, s ‘appuyait sur une obligation légale aidée, de formation à l’éthologie et au comportement, les refuges se videraient, les accidents diminueraient considérablement. Cela ne ressemblerait-il pas à une véritable mesure de sécurité et de santé publique ?

Exemple de ce que l’on sait faire : le remboursement par la sécurité sociale d’un montant d’une cinquantaine d’euros par an pour ceux qui veulent arrêter de fumer existe.
Objectif : aider et soutenir une démarche individuelle complexe et couteuse.
Pourtant après tout, si quelqu’un fume c’est son problème, laissons-le se débrouiller par ses propres moyens !

Ce n’est pas mon métier de définir sous quelle forme ceci pourrait être mis en place, par contre, il est de ma compétence professionnelle d’affirmer que ceci pourrait avoir un véritable impact sur la problématique du chien domestique.

La nouvelle loi sur les chiens dangereux

La nouvelle loi sur les chiens dangereux a été votée suite aux drames qui se sont produits ces derniers mois de l'année 2007.

Pourquoi cette loi est loin de répondre aux besoins et aux attentes de sécurité publique ?


Car elle repose sur trois principes qui sont insuffisants ou mal abordés !

Réaffirmer l’existence de chiens dangereux !
Ce principe est basé sur un non sens fondamental. Tous les chiens sont dangereux, c’est un fait établi et qualifier certaines races comme particulièrement dangereuses est une erreur. Il n’y a pas un gène de l’agressivité envers les humains, donc pas de classement possible en fonction d’une race. C’est la taille et la puissance de l’animal qui créées sa dangerosité et non son aptitude innée à être ou non méchant. Il existe des Rottweilers doux comme des agneaux alors qu’il existe des Caniches d’une agressivité démoniaque. Alors parlons de risques liés à la corpulence, à la puissance, à la taille des dents et à la force de la mâchoire mais pas à la race.
Pour information, au palmarès des 60 000 accidents de morsures par an, on trouve en très bonne place le, si bon et si doux, Labrador. Le même chien est défini comme celui ayant des qualités supérieures à l’aide aux personnes handicapées.
Cette stigmatisation n’a comme conséquence que de catégoriser les propriétaires et en aucune façon d’appréhender le risque dans sa réalité purement physique.

Le 4C, Collectif Contre la Catégorisation des Chiens, qui rassemblent de nombreux spécialistes de la filière canine, milite contre l'idée d'un "racisme canin" qui déculpabiliserait l'humain de ses responsabilités en terme de sélection canine. Informez vous : www.against-bsl.eu  et adhéré comme moi à cette association.

Définir le dressage comme garant de tous risques !

Ceci est aussi faux qu’inconscient ! Bien sur la maîtrise de son chien est nécessaire et intéressante pour une vie en société et ne serait-ce que pour protéger l’animal lui-même contre des risques d’accident. Cette maîtrise du « revient-assis-couché » est une bonne base qui permet d’asseoir la relation homme-chien de façon plus confortable.
Mais le dressage ou éducation ne sera jamais le garant des accidents car il ne prend pas en compte l’aspect comportemental de l’animal. Si vous avez lu les pages précédentes, vous comprendrez qu’exclure toutes les sources de l’influence humaine, environnementale, familiale, du comportement du chien est une lourde erreur. Hors les éducateurs canins n’ont pas les connaissances pour traiter de ce champ comportemental et s’ils font bien leur travail de dressage, ils arriveront au mieux à obtenir un chien obéissant, mais sûrement pas un chien équilibré, seul source potentielle d’une certaine sérénité par rapport au danger.



Faire établir un bilan comportemental des chiens mordeurs !
Ce point est intéressant à double titre. Tout d’abord parce qu’il met en scène une profession dont personne ne peut nier la qualité et la nécessité, les vétérinaires. Pour autant ces spécialistes des pathologies, du soin et de la prévention médicale, n’ont pas les compétences pour ce qui touche aux comportements. La formation de vétérinaire n’est pas adaptée pour cela, tout simplement parce que ce n‘est pas leur métier. C’est leur demander d’établir un diagnostic et de formuler un avis qui aura valeur opposable sur un animal dont ils ne peuvent par un simple questionnement connaître les troubles comportementaux. Ce principe ne répond à aucune exigence professionnelle pourtant nécessaire et risque par ailleurs de mettre les vétérinaires devant des responsabilités légales qu’ils ne pourront pas endosser.
Ensuite et sans parler de la qualité du test et de l’interrogatoire, que ferons-nous du bilan. Est-ce qu’avec un simple bilan sanguin, chacun peut trouver les remèdes à ses maux. En imaginant que ce test puisse donner une réelle information, qui prend en charge le diagnostic, qui traite, qui aide et soutien le propriétaire du chien ? Si c’est le vétérinaire et si cela veut être sérieux alors ils ne pourront plus s’attacher à leur fonction et mission premières.
Sachant que les problèmes comportementaux ou de relation homme-chien nécessitent des entretiens longs, des échanges, un suivi, une approche psychologique humaine, une approche environnementale précise, imaginons-nous que les vétérinaires mettront de coté leur métier pour se centrer sur ces questions ?
Ce bilan est encore une fois une non-réponse. C’est comme si le bilan d’évaluation d’un élève en difficulté scolaire permettait de statuer sur son avenir, sa destination, et surtout permettait d’aider les parents à l’accompagner vers une situation plus favorable. Toutes choses égales par ailleurs, la sagesse et le bon sens suffisent pour mesurer la légèreté de telles décisions sensées répondre à un problème de sécurité publique et de paix sociale.

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L’actualité nous offre encore malheureusement un exemple concret des enjeux !

Seul fruit du hasard ou changement important dans la nature de relation entre l’enfant et le chien à cet âge ?

Toutes ces questions mériteraient approfondissement et vérification.


Mais qui s’inquiète et s’occupe d’offrir aux propriétaires de chiens, quels qu’ils soient, un accès à une profession qualifiée et réglementée qui pourraient prendre en compte des situations complexes pouvant aider à éviter de tels drames ?

Il y a une place pour tout le monde dans la filière canine.

Les dresseurs ou éducateurs ont leurs activités et leurs spécificités. Les vétérinaires n’ont plus à prouver leur valeur et leur nécessité.


Les comportementalistes pourraient trouver naturellement leur place si la société, à l’image des sociétés anglo-saxonnes, reconnaissait leurs compétences en les impliquant dans un véritable texte de loi de sécurité et de santé publique.

Si vous souhaitez réagir, débattre sur ce sujet, apporter votre opinion, soutenir l'idée de la place des comportementalistes dans la filière canine. N'hésitez pas, contactez moi !

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Janvier 2008, un chien bien docile, dévore l’enfant de la famille âgé de 2 ans ! 

Sans connaître les faits et l’environnement du drame, je soumets à votre appréciation cette réflexion :

Ce chien tout à fait en règle, n’ayant pas fait l’objet de morsure et donc n’ayant pas passé de bilan, a mortellement agressé l’enfant de ses maîtres.

Tant que les politiques croiront que de tels drames peuvent être réglés par le dressage ou le bilan comportemental ils se reproduiront.
S’il est une preuve de la non-reconnaissance de l’aspect comportemental des accidents, elle se mesure très bien dans l’incapacité des autorités définies par la loi, à expliquer de tels accidents. On entend tout et son contraire, des inepties les plus profondes, aux tentatives de corrélation à une dangerosité innée de l’animal en cause.
La réalité est très certainement ailleurs et en tous cas des questions mériteraient une réponse.
Quelle place avait ce chien dans le foyer ? Était-il l’ « enfant » de la famille avant l’arrivée de celui -ci ?
Quelles adaptations environnementales ont été prisent à l’arrivée de l’enfant dans le foyer ?
Pourquoi le chien a t-il attendu l’âge des deux ans de l’enfant pour frapper ?

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MARS 2008…….VICTIME D’AVOIR CRU BIEN FAIRE !

Actualité : malheureusement encore un exemple concret d’accident grave dans un contexte de « chien ascenseur ».Bien évidemment, il ne s’agit pas pour moi ici de juger ni le maître des deux chiens ni la personne qui a été blessée. Il s’agit uniquement d’essayer d’être simplement pédagogique.

 Journal de la Saône et Loire (Mars 2008)

« L'attaque s'est produite samedi en début d'après-midi au Creusot, s'il faut en croire le Journal de Saône-et-Loire, qui révèle l'affaire. Une femme de 65 ans, qui promenait son Yorkshire, s'est trouvée face à deux chiens, décrits sans plus de précision comme des "chiens d'attaque". Toujours selon le journal, les deux animaux n'étaient ni en laisse, ni muselés ; ils auraient accouru depuis un square situé de l'autre côté de la rue pour se jeter sur elle ».

Les chiens ne la visaient pas directement, semble-t-il, mais en voulaient à son Yorkshire. Blessée alors qu'elle avait pris le petit animal dans ses bras pour le protéger, elle a été brièvement hospitalisée. Gravement mordue à la main gauche, elle devra de nouveau subir des examens mardi à l'hôpital.

Commentaires :

Personne ne saura jamais ce qui se serait passé si les chiens s’étaient trouver face au Yorkshire au sol. Notre peur tout à fait humaine que le petit soit dévoré par les gros est une vision totalement anthropomorphique de la situation. Il est tout à fait envisageable que le petit se soit soumis immédiatement, ne serait-ce que par l’attitude et de la taille des visiteurs. Par ailleurs s’il avait eu quelques velléités à en découdre, rien d’anormal à cela entre chien, les chiens l’auraient peut-être simplement remis à sa place. N’oublions jamais qu’un chien, même de 4kg, reste un chien et qu’il utilise les seuls modes de communication qu’il connaît, les codes canins.

La maîtresse, qu’il ne s’agit bien sur pas de blâmer et à laquelle je souhaite de se remettre rapidement, à seulement cru nécessaire de devoir protéger son petit chien.

Grave erreur, fatale à son bras et à son Yorkshire qui a de plus succombé à ses blessures.

 

C’est encore malheureusement le manque de connaissance de ce que sont les chiens et de leurs comportements qui conduit à ce drame. Bien sur, le propriétaire des deux chiens aurait dû pouvoir les maîtriser, mais la loi ne peut pas tout régler, les accidents naissent toujours ou presque de conditions particulières. Je n'ai encore jamais vu de voiture se télescoper à un croisement quand tout le monde respecte les feus de signalisation. Mais il arrive que certains passent à l’orange et d’autre démarrent trop vite avant le feu vert. Pourtant la loi existe !

 

Comme je l’ai déjà évoqué à plusieurs reprises, aucun humain n’est de taille pour faire reculer un chien qui aurait un comportement agressif et encore moins quand la situation « perturbée » par l’homme augmente les causes du comportement agressif.

Si l’on se place au regard des chiens, et sans présager d’éléments dont je n’aurais pas connaissance à cet instant, il est évident que les deux chiens ne pouvaient accepter la position du petit qui, hissé dans les bras de sa maîtresse, c’est retrouvé malgré lui en position haute donc dominante. Il s’agit clairement d’un brouillage des codes sociaux des chiens conduisant à un comportement amplifié d’agressivité.

 

Au final, et c’est cela qu’il est important de relever, une dame est gravement blessée, son chien est mort et les deux chiens seront très certainement euthanasiés. Tout ceci par manque de connaissance et par peur. Si l’on faisait de la formation et de la pédagogie au lieu de fabriquer des symptômes d’angoisse et de peur auprès du grand public, on pourrait éviter ce genre de drame et bien d’autres encore.

Je suis personnellement confronté régulièrement à ce genre de situations et croyez-moi, tant que l’on n’aura comme réponse que des lois de catégorisation des chiens et des maîtres, en utilisant des descriptions horrifiantes de bêtes féroces nées pour tuer, je vous assure que d’autres accidents vont se produire et se produisent déjà.

Copyright E.Bonnefoi/2009

Catégorisation des chiens : coup de gueule !


Octobre 2009 : ****************************************************************************************************************************