ENQUETE FRANCAISE SUR LES MORSURES DE CHIENS

 Facteurs de gravité des morsures de chiens aux urgences

Enquête multicentrique, France, mai 2009-juin 2010 sous la responsabilité de l’Institut de veille sanitaire (InVS), en collaboration avec l’association des vétérinaires comportementalistes Zoopsy.

Accès à l’étude complète http://opac.invs.sante.fr/doc_num.php?explnum_id=7043

Résumé

L’enquête portait sur huit hôpitaux participants :

485 recours aux urgences pour morsures de chien entre le 1er mai et le 30 juin 2010, ont été signalées à l’InVS. Ont ainsi été collectées 485 fiches Urgences, 381 fiches Vétérinaires (79 %) et 292 fiches Suivi à un mois (60 %).

 En analyse multivariée, seuls l’âge de la victime et le lien entre la victime et le chien sont significatifs :

-         les adultes (≥15 ans) étaient mordus 2,2 fois plus souvent plus gravement que les enfants (<15ans) ;

-         les morsures par des chiens de connaissance (ou du même foyer) étaient 2,9 fois plus souvent plus graves que celles de chiens inconnus (tableau 12).

La survenue de séquelle à la suite d’une morsure de chien était liée,

      -         au sexe de la victime (les femmes déclaraient plus de séquelles),

-         à la gravité initiale de la morsure (plus la morsure était grave, plus il y avait de séquelles déclarées)

-         au type de chien (les personnes mordues par des chiens du groupe 9 déclaraient moins de séquelles).

 87 morsures ont occasionné des lésions importantes: plaie délabrante ou tout autre type de plaie, associée à une autre lésion (atteinte osseuse, tendineuse, articulaire, etc.)

Pour ces morsures les plus graves, l’âge moyen des victimes était de 34 ans.

50% des morsures étaient situées au niveau des membres supérieurs et 29 % au niveau de la tête.

Dans 86% des cas, le chien était connu de la victime.

Selon les victimes, les morsures étaient le plus souvent survenues sans raison apparente (41%) ou lors d’une intervention pendant une bagarre entre chiens.

Selon les vétérinaires :

-         64 % d’agression par irritation

-         17 % de type hiérarchique et 17% de type territoriale.

 Il n'a pas été mis en évidence par cette enquête que certains chiens étaient plus dangereux que d'autres, ni par la fréquence des morsures, ni par leur gravité.

Les morsures étaient plus nombreuses et plus graves quand la victime connaissait le chien mordeur.

Chez les adultes, les morsures survenaient souvent lorsque la victime cherchait à séparer des chiens qui se battaient.

Chez les enfants, les morsures survenaient davantage lorsque le chien était dérangé.

 Les morsures chez les enfants étaient plus fréquentes au niveau de la tête et du cou, alors que les lésions étaient plus graves chez les adultes

 Les morsures de chien représentent chaque année, en France, plusieurs milliers de recours aux urgences et de nombreuses hospitalisations. La connaissance des résultats établis par ces enquêtes doit contribuer à leur prévention.

Proportion des types de chien les plus fréquents dans l’étude

47 Berger allemand  10%

41 Labrador                 9%

27 Jack russell            6%

 

Il faut noter qu’il n’a pas pu être fait de rapprochement entre l’effectif des races de chien dans la population, de ce fait il peut exister un biais statistique du fait de la sur représentation de certaines races.

 

Copyright : InVS (Institut national de veille sanitaire) et Zoopsy

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Rapport d'étude 2008 de l'OFFICE VETERINAIRE FEDERAL  SUISSE et l'ASSOCIATION SUISSE DES VETERINAIRES CANTONAUX:

Ce type d'étude, qui n'est pas disponible à ma connaissance en France, est très interessante. J'ai repris les données disponibles pour vous les présenter de façon pertinante.

En 2008

2600 annonces de morsures sur l'homme et 1600 sur un animal

- 1 morsure sur l'homme pour 200 chiens

- 1 morsure sur un animal pour 300 chiens

La victime connait généralement le chien:

- 49% par un chien connu

- 16% par son propre chien

- 35% par un chien inconnu

16% des victimes sont  agées de 0 à 10 ans:

- 1/3 des enfants mordus ont été mordus par un chien de petite taille.

- 1/3 par des chiens moyens

- 1/3 par des grands chiens

60% des morsures sur les enfants se situent au niveau de la tête et du cou:

- à peine 10% des morsures chez l'adultes se situent au niveau de la tête et du cou

75% des enfants mordus connaissent le chien:

- dont 20% sont mordus par leur propre chien

43% des morsures sur enfants se produisent au domicile des maîtres

Ces résultats montrent une tendance lourde du danger que représente le chien pour les enfants et confirment combien la prévention est importante et essentielle. Sans entrer dans la polémique sur les lois de catégorisation des chiens, l'étude détermine très bien que les accidents arrivent avec des chiens connus et par forcément avec des chiens "délinquants" ou errants sur lesquels se portent toute l'attention des services publics.

La référence à la race dans les morsures:

Les statisitiques que je vais vous présenter nécessitent quelques préalables qui vous permettront d'avoir une lecture la plus juste possible.

Les auteurs de l'étude nous rapportent que la notion de race dans la déclaration de morsure est entachée de certaines incertitudes et qu'il est nécessaire de ne pas en faire une vérité stricte.

- La déclaration de la race du chien n'est faite que dans 1 cas sur 6 par le propriètaire lui même. C'est souvent la victime ou un témoin qui donne une description de la race.

- Sur la totalité des déclarations, seulement 15% faisaient mention de la race

Ces biais statistiques nous conduisent à aborder ce classement par race avec beaucoup de précaution. Néanmoins, ces résultats restent intéressants à la lecture des écarts très importants constatés et surtout sont une preuve tout à fait objective que tous les chiens peuvent mordre, et cette information doit guider notre action de prévention.

Morsures sur les humains: Classées par ordre croissant du nombre de morsures.

Morsures sur un autre animal: Classées par ordre croissant du nombre de morsures

Reflexions sociologiques et vétérinaires sur les dangers du chien: texte provenant de www.bvet.admin.ch

Depuis plusieurs années, et notamment depuis le drame d’Oberglatt où un petit écolier a été tué par trois pitbulls, la Suisse discute intensivement sur la place du chien dans notre société. Que s’est-il passé pour que celui qui accompagne fidèlement l’humain depuis des décennies soit soudainement si décrié ? C’est de cette question qu’ont débattu les participants au podium de discussion „Hot Dogs“ du 16 juin au Käfigturm de Berne sous la modération du journaliste Matthias Lauterburg.
L’équipe de la sociologue genevoise Claudine Burton-Jeangros a mis sous la loupe les débats sur les chiens :„Il y a toujours eu des morsures. Mais le contexte a évolué ces dernières années, la société veut plus de sécurité et du coup, un accident comme celui d’Oberglatt n’est plus acceptable. » La vétérinaire cantonale de Zurich, Regula Vogel, a été concernée de plein fouet par l‘accident d’Oberglatt : „J’étais en voiture lorsque j’ai entendu à la radio les premières informations. J’ai su alors que cet accident allait changer beaucoup de choses.“ La tolérance face aux chiens diminue et nous voulons un chien parfaitement intégré à notre société. „Nous sommes prêts à faire des pontages à nos chiens, nous les avons partout avec nous, et dans le même temps, nous exigeons beaucoup de capacité d’adaptation de leur part,» souligne Regula Vogel. Claudine Burton-Jeangros ajoute: „Les chiens sont omniprésents dans notre société, ils sont partout et lors d’accidents, nous remarquons soudain qu’ils peuvent être dangereux. Cela irrite.“
Pour Regula Vogel, ce n’est pas une peur ancestrale face au chien qui s’exprime, mais plutôt : „Ce qui fait peur, c’est de rencontrer dans notre quotidien quelque chose que nous ne pouvons pas contrôler. Le chien nous rappelle au quotidien cette non-maîtrise de la nature.“ Pour Heiner Studer, ancien conseiller national et président de la sous-commission qui a conduit les débats sur les chiens au parlement, la problématique ne peut pas être réduite à une question de peur diffuse : „Il se passe beaucoup de choses. Je reçois souvent des témoignages de parents qui en ont assez que leurs enfants doivent passer devant des chiens qui aboient sur le chemin de l’école. Nous devons nous demander pourquoi le peuple se prononce toujours en faveur des lois sur les chiens les plus sévères. »
Journaliste à la NZZ et propriétaire de chien, Claudia Wirz rappelle que le débat autour des chiens n’est pas nouveau: „Le chien vit depuis 15'000 ans avec l’humain. Chez les grecs et les romains, il était très populaire. La bible par contre n’aime pas trop les chiens : elle évoque les chiens 5 fois – et juste 1 fois de manière positive. Les mesures contre les chiens existent aussi depuis longtemps. Ainsi au Moyen-Âge, la laisse était obligatoire dans de nombreuses villes et Berlin avait même instauré le port de la muselière obligatoire en 1854. » Claudia Wirz reste critique face au débat actuel sur les chiens: „ Nous devons évidemment mettre tout en œuvre pour qu’un drame comme celui d’Oberglatt ne se répète pas. Mais c’est trop simple de montrer du doigt une minorité, que ce soit les étrangers ou les propriétaires de chiens. Pour moi, cela ressemble à une chasse aux sorcières moderne.“ Les humains peuvent après tout aussi être blessés par des chevaux, des vaches ou des serpents. „Oui, mais c’est avec son chien qu’on se balade sur l’Avenue de la gare,“ nuance Regula Vogel.
Alors pourquoi le débat autour des chiens est si difficile? Pour Heiner Studer, la communication fonctionne mal : „Je trouve que les différentes parties ne font pas preuve de disponibilité au dialogue.» Regula Vogel se souvient des débats au conseil cantonal zurichois: „C’était frappant de voir que tous les partis étaient partagés. » L’opinion de chacun sur les chiens ne dépend visiblement pas de ses valeurs fondamentales, de sa perception au monde, mais plus de son expérience personnelle, intime. Ce n’est donc pas étonnant finalement que tout le monde se croit expert en la matière et que les solutions les plus émotionnelles sont les plus convaincantes. „Nous avons essayé d’expliquer et d’informer, mais avec nos arguments de spécialistes, nous n’avons pas convaincu,“ relève Regula Vogel.
Ce qui gêne le plus Regula Vogel d’un point de vue scientifique, ce sont les interdictions de race – la question la plus âprement débattue dans la problématique des chiens. Pour Regula Vogel, il est clair qu’il n’existe pas une race dangereuse en soi. „Le chien le plus dangereux que j’ai rencontré en tant que vétérinaire cantonale était un croisement entre un labrador et un bouvier appenzellois,» témoigne-t-elle. Mais certaines races de chiens sont utilisées pour impressionner par une minorité qui ne comprend pas grand chose aux chiens. Claudia Wirz est aussi opposée sur le fond aux interdictions de race : „Mais d’un point de vue politique, ça aurait été peut-être plus intelligent d’accepter la liste de race proposée par le conseiller fédéral Deiss à l’époque.“ On aurait ainsi une règlementation homogène dans toute la Suisse.
Heiner Studer se réjouit d’un futur article constitutionnel – et surtout de la votation populaire qui y est liée: „C’est une chance unique de conduire un large débat sur la question des chiens. » Claudia Wirz souligne cependant le danger des règlementations: „Avec les lois fédérales et cantonales, la relation entre propriétaires de chiens et non propriétaires ne s’est pas améliorée. On a agrandi les fossés. On embête les propriétaires de chiens. Et la masse de règlementations ne fait que légitimer les peurs de ceux qui craignent les chiens. »
Pour Claudia Wirz, dans tous les débats autour des chiens, et aussi ici au Käfigturm, un aspect important n’est jamais soulevé: „Les chiens nous apportent beaucoup dans notre société – et pas seulement les chiens d’avalanche ou les chiens d’aveugle. Pour beaucoup d’humains, la relation avec leur chien est extrêmement importante.“ Ce qui sera suivi dans la salle par une salve d’applaudissements

Ce texte ne m'appartient mais vous conviendrez qu'il met en évidence la problématique du danger et la difficulté socio-culturelle de l'aborder sereinement.

Téléchargements gratuits:

Ci-dessous deux livrets à télécharger sur le site de l'Administration Fédérale Suisse.

"Les enfants apprennent comment se comporter avec les chiens. Petit livret de 30 pages, 17x13, broché".

"Ce dépliant explique aux personnes qui ont peur des chiens pourquoi un chien « sent » qu'elles ont peur, mais aussi comment se comporter lorsqu'un chien approche ou à qui elles peuvent s'adresser en cas de problème. Dépliant 9x21".

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Etude Canadienne sur les morsures de chiens

http://www.phac-aspc.gc.ca/injury-bles/chirpp/injrep-rapbles/dogbit-fra.php

Le lien ci-dessus vous conduit aux résultats d'une étude Canadienne très interessante et très complète concernant les morsures de chiens.

Vous pouvez vous rendre sur le site ci-dessous avec lequel je travaille à des projets de prévention auprès des enfants sous forme d'intervention en milieu scolaire.

En France, il faut savoir que les collectivités locales sont très difficiles à mobiliser sur ce sujet alors même que certains pays ont fait de cette action vers les enfants, une priorité de santé publique.

Alors vous, parents , n'hésitez pas à solliciter vos élus et directeurs d'écoles en demandant que des actions puissent être organisées pour vos enfants.

Ont trouvent bien le temps et les moyens d'informer les enfants sur les dangers de la route!!!!!!!!! Alors!!!!

Eric


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